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Tuesday, May 10, 2016

Accord de Paris : signature symbolique

Science
Column|Jérémie Gaudet

À l’occasion du Jour de la Terre, le vendredi 22 avril, 171 pays se sont réunis au siège de l’Organisation des Nations unies (ONU) à New York, dans le but de signer l’accord de Paris sur le climat. Coup d’œil sur cette cérémonie à vocation principalement symbolique.

Adopté à la Conférence de Paris sur le climat (COP-21), l’accord de Paris a été rédigé par 195 pays en décembre dernier et avait pour but de limiter la hausse des températures à la surface du globe à 2°C d’ici l’an 2100 grâce à la contribution de chaque pays pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES).

Vendredi dernier, 171 États étaient attendus pour sa signature à New York, pour ce qui devait être la plus grande cérémonie de ce genre dans l’histoire de l’ONU. Les États-Unis, l’Inde et la Chine étaient notamment présents, à eux seuls représentant 55 % des émissions planétaires annuelles de GES.

Parmi les dignitaires présents se retrouvaient messieurs Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’ONU, François Hollande, président de la France, John Kerry, secrétaire d’État américain et le premier ministre canadien Justin Trudeau.

Pourquoi signer ?

La signature d’une telle entente était principalement une question de formalité administrative, bien qu’elle était symbole de l’engagement des États.

Par contre, la signature de l’entente ne garantit pas nécessairement son adoption par les pays, étant donné que, pour la plupart des États, elle doit être ratifiée par les paliers gouvernementaux internes.

Du côté des États-Unis, l’adoption de l’accord se fera par le biais d’un décret présidentiel, le président Obama craignant que le vote du congrès soit difficile à obtenir. La Chine, elle, s’est engagée à ce que l’entente soit entérinée cette année.

Il est à noter que certains pays, dont la Suisse, ont déjà terminé le processus de ratification et ne se sont donc pas présentés à la cérémonie de signature.

Pour entrer en vigueur, l’accord doit être officiellement adopté par au moins 55 pays représentant minimalement 55 % des émissions de GES.

Et le Canada dans tout cela ?

Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement libéral s’est activement impliqué en matière environnementale. Bien avant le début des négociations à Paris, Catherine McKenna, la nouvelle ministre de l’Environnement et des Changements climatiques, a pris part à des discussions préliminaires dans la ville lumière.

Le premier ministre Justin Trudeau s’est ensuite rendu à Paris en décembre dernier accompagné d’une délégation comprenant notamment divers représentants parlementaires de différents partis et des premiers ministres provinciaux afin de participer aux négociations.

Pour le gouvernement Trudeau, la signature de cet accord vendredi dernier représentait un acte important. Il souhaitait faire figure de modèle sur la scène internationale en matière de réduction de GES en se présentant à New York avec des cibles contraignantes.

Il s’est ainsi engagé à aider certains pays à lutter contre les changements climatiques en les soutenant financièrement, à un niveau de 2,65 milliards de dollars sur cinq ans, et il a déjà passé un accord bilatéral avec les États-Unis. Selon ce dernier, les pays voisins devront réduire de 40 à 45 % leurs émissions de méthane provenant des forages gaziers et pétroliers d’ici l’an 2025.

L’accord devrait être ratifié par le parlement canadien plus tard cette année, après que les provinces, les territoires et le gouvernement fédéral se soient entendus sur la mise sur pied d’un plan plus officiel concernant la réduction des émissions de GES.

Wednesday, April 13, 2016

Comment le dingo s’est rendu en Australie

Science
Column|Jérémie Gaudet

Deux jeunes dingos au zoo de Perth (Australie)

Reconnaissable à ses oreilles dressées et à son pelage roux doré, le dingo ne serait apparu en Australie qu’il y a quelque 4000 ans, selon ce que suggèrent les preuves archéologiques. Mais comment ce chien sauvage emblématique s’est-il retrouvé dans cette région, et grâce à qui ?

Plusieurs groupes de personnes auraient pu avoir amené le dingo en Australie. Des marins indiens voyageant en Australie, les Lapita marins qui se propageaient vers l'est dans le Pacifique de l'Asie orientale et les commerçants de Timor et du Taïwan qui ont navigué à travers l'Asie du Sud-Est étaient jusqu’à ce jour des candidats potentiels.

Était également sur la liste un groupe de chasseurs-cueilleurs maritimes, appelés Toaliens, provenant des péninsules du sud de l'île indonésienne de Célèbes. Toutefois, aucune certitude n’était reconnue jusqu’à ce jour sur le sujet.

Pourtant, Paul Taçon et Mélanie Fillios, des chercheurs respectivement affiliés aux universités Griffith et de la Nouvelle-Angleterre, toutes deux situées sur la côte est australienne, ont tenté d’y voir plus clair dans cet ensemble de possibilités.

Ces derniers suggèrent, dans le cadre de leur plus récente étude, publiée dans le Journal of Archaeological Science : Reports, que le dingo serait en fait originaire de l’Indonésie, conduit en Australie par les Toaliens.

Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs ont mené un examen de plusieurs recherches génétiques portant sur les chiens, les dingos et d’autres canidés provenant de sept articles récents. Ils y ont trouvé des racines communes qui leur ont permis d’éliminer un à un les groupes qui auraient pu avoir fait migrer les dingos vers l’ile australienne.

Ils ont d’abord exclu les marins indiens en observant la base de l'ADN des loups, des chiens et des dingos, qui semblait indiquer que ces animaux provenaient d'Asie (et, plus probablement, de la Chine), avant de s’être propagés au Taiwan et en Asie du Sud.

Puis, ils ont analysé un rapport datant de 2014, lequel a révélé que les dingos ne possèdent pas de multiples copies d'un gène permettant la digestion de l’amidon. Or, les cousins ​​des dingos ont, eux, développé ces gènes en évoluant auprès d’agriculteurs. Cela suggérait donc que, avant leur arrivée en Australie, ils ne vivaient pas avec des gens du milieu agricole, tels les marins de l'Inde, ou les commerçants taïwanais ou timorais.

Restaient donc les Lapita ou les chasseurs-cueilleurs toaliens comme principaux prétendants. Par contre, les chercheurs ont observé qu’il n'y a aucune preuve de la poterie des Lapita en Australie, et encore moins des porcs et des poulets que ces peuples apportaient avec eux partout où ils allaient. De plus, ils ont aussi compris que le peuple Lapita a quitté l’Asie il y a 3300 ans, bien après que les dingos soient arrivés en Océanie.

Cela laissait donc le peuple des Toaliens. Taçon et Fillios croient que seule cette population puisse véritablement avoir emmené les dingos en Australie de l’ile indonésienne de Bornéo, située au nord. Cette hypothèse serait appuyée par plusieurs données archéologiques, notamment des similitudes dans l’art rupestre, les outils et les matériaux de construction découverts en Australie qui auraient pu provenir de ce peuple.

Les résultats de l’étude seront confirmés sous peu après la complétion d’analyses supplémentaires d’ADN contenu dans des restes archéologiques de dingos.

Tuesday, April 5, 2016

Mars en science

Science
Column|Jérémie Gaudet

Découvertes récentes, nouvelles curiosités, faits divers scientifiques : faisons le point sur quelques actualités liées à la science qui comptent parmi les plus importantes du dernier mois.

Monter les escaliers… pour rajeunir son cerveau !

Il était déjà connu qu’une année d’éducation supplémentaire peut réduire l’âge du cerveau d’un an, mais qui aurait cru que monter des marches puisse avoir un effet similaire ?

Et pourtant, c’est bien le cas de le dire : selon une étude montréalaise parue récemment dans la revue Neurobiology of Aging, ceux et celles qui montent environ vingt marches par jour auraient un cerveau sept fois plus jeunes que les adeptes de l’ascenseur.

Les auteurs, des chercheurs de l’Université Concordia, ont effectué quelque 80 mesures sur plus de 300 participants recrutés dans la ville de New York. Conclusion : une volée d’escaliers (quinze à vingt marches par jour) diminuerait l’âge physiologique du cerveau de 58% d’une année, soit l’équivalent de sept mois.

Scott Kelly de retour sur Terre

L’américain Scott Kelly est rentré sur Terre le 1er mars dernier après un séjour de presque un an (340 jours) dans l’espace coordonné par l’agence spatiale américaine (NASA), effectué en compagnie du cosmonaute russe Mikhaïl Kornienko.

Cette douzaine de mois passée à bord de la station spatiale internationale (SSI) avait pour but d’étudier les divers effets que peuvent avoir sur l’humain des séjours prolongés en apesanteur.

Cette expérience s’avérera particulièrement importante dans le contexte de préparation des missions habitées vers Mars, qui devraient se situer dans une quinzaine d’années.

Scott Kelly fournira donc à la NASA des échantillons de fluides corporels lors des prochaines années, données qui devront être comparées à celles de son frère jumeau, Mark Kelly, qui, lui, est demeuré au sol.

Lors de son retour sur Terre, l’astronaute, qui s’est plaint de courbatures, a affirmé que de se réadapter à l’attraction gravitationnelle terrestre lui causerait plus de difficulté que de s’adapter à l’apesanteur dans la SSI.

Par ailleurs, le spationaute de 52 ans a annoncé environ une semaine après son retour sur Terre qu’il prendrait sa retraite le 1er avril prochain, après une carrière de vingt ans à la NASA.

Alzheimer : vers une nouvelle piste

Jusqu’à ce jour, la cause exacte de l’Alzheimer, cette maladie incurable entrainant une perte progressive de certaines fonctions mentales, dont la mémoire, qui touche quelque 30 millions de personnes dans le monde selon l’OMS, demeure inconnue.

Pourtant, deux hypothèses quant à celle-ci sont souvent évoquées par les chercheurs : soit la maladie résulterait de la dégradation de cellules spécifiques qui endommageraient la mémoire de manière permanente, soit l’accès aux souvenirs, toujours stockés en mémoire par le cerveau, serait bloqué.

C’est dans l’optique de soutenir la seconde possibilité que des scientifiques du Riken-MIT Center for Neural Circuit Genetics, affilié au Massachusetts Institute of Technology (MIT) et à l’institut japonais Riken, ont développé une méthode permettant à des souris atteintes de symptômes similaires à ceux provoqués par l’Alzheimer de recouvrer la mémoire en laboratoire.

Les chercheurs ont administré une faible décharge électrique via les pattes de souris encagées, certaines ayant les facultés de mémoire affectées. Ils ont répété l’opération 24 heures plus tard : les souris normales manifestaient une peur face à l’idée d’être électrocutées à nouveau, alors que celles atteintes d’Alzheimer ne réagissaient pas.

Toutefois, lorsque l’équipe a stimulé certains neurones liés à la mémoire des souris dites atteintes par le biais d’une lumière bleue intense, selon une technologie de réactivation appelée optogénétique, ces dernières étaient en mesure de recouvrir le souvenir de la douleur de la décharge électrique et éprouvaient une frayeur vis-à-vis de celle-ci.

Leur étude, publiée la semaine dernière dans la revue britannique Nature, conclut que cette technique, une fois perfectionnée et éthiquement conforme, pourrait s’avérer être une piste de solution chez les humains, dont la mémoire fonctionne de manière semblable à celle des souris, atteints de la maladie d’Alzheimer.

L’article de l’étude en question : Memories retrieved in mutant ‘Alzheimer’s’ mice

Friday, March 18, 2016

Comment la viande crue a changé le visage humain

Science
Column|Jérémie Gaudet

Contrairement à ce que les scientifiques croyaient jusqu’à ce jour, ce n’est pas d’avoir entamé la cuisson des aliments qui a façonné le visage de l’homme, mais bien d’avoir commencé à consommer de la viande crue.

Le 9 mars dernier, des chercheurs de l’Université Harvard aux États-Unis, Katherine Zink et Daniel Lieberman, ont publié dans la revue Nature une étude inusitée sur le sujet.

Selon cette dernière, l’introduction de la viande crue dans l’alimentation humaine aurait eu un impact important sur la structure du faciès de l’homme.  

Pour mieux comprendre ce phénomène, il faut plonger et retourner environ deux millions d’années dans le passé, à l’ère de l’Homo erectus, le second grand homme préhistorique, qui a suivi l’australopithèque. C’est à cette époque que nos ancêtres ont, pour la première fois, commencé à manger de la viande crue sous forme de petit gibier.

Il était déjà reconnu dans le monde scientifique que cet ajout au régime alimentaire a entrainé l’augmentation du volume du cerveau humain.  Cependant, nul ne se doutait que, du même coup, une étape importante de l’évolution du visage humain s’enclenchait.

Et, pourtant, c’est bien à ce moment que le bas de la physionomie de la figure de l’homme s’est forgé en grande partie. L’Homo erectus, dont la dentition était très semblable à celle de l’homme moderne, avait des dents plus petites et des muscles de la mâchoire moins robustes comparativement à ses prédécesseurs.

Katherine Zink et Daniel Lieberman ont analysé l’effort musculaire requis pour mastiquer de la viande crue.

Ils ont remarqué que ce dernier, lorsqu’il est couplé à l’utilisation d’outils (ce que l’Homo erectus faisait) pour travailler la viande avant de la manger, est bien moindre que celui nécessaire pour mâcher des protéines végétales.

Plus précisément, ils ont calculé que l’hominidé préhistorique aurait eu besoin de mastiquer 17% moins souvent et avec 26% moins de force en suivant un régime alimentaire composé d’un tiers de protéines issues de source animale crue préalablement concassées à l’aide d’outils de pierre.

Conclusion : parce que sa mastication demande moins d’effort, la consommation de viande crue a contribué à l’affaiblissement des capacités masticatoires humaines et, par le fait même, aux changements morphologiques du visage observables chez l’Homo erectus.

Ces modifications, qui incluent l’affinement du visage et la diminution de la taille des dents, auraient, selon l’étude, également contribué à l’amélioration de la parole et du langage de l’homme.

Toutefois, sans l’aide d’outils pour marteler la viande avant de la manger, cette évolution n’aurait pas été possible.

Les chimpanzés, qui ont des dents physiquement proches de celles de l’homme actuel, mais qui sont incapables de travailler leur nourriture avant sa consommation, demandent beaucoup de temps pour mâcher de la viande crue. Ils évitent donc bien souvent de consommer ce type d’aliment, qui ne pèse généralement que pour 2 à 3% de leur alimentation totale.

Katherine Zink relève d’ailleurs qu’un chimpanzé a déjà été observé à mastiquer un singe de la taille d’un petit chat pendant plus de onze heures !

En outre, les chercheurs ont aussi établi que la cuisson des aliments n’a probablement pas joué un rôle important dans cette évolution parce qu’elle est devenue monnaie courante il y a seulement 500 000 ans, ce qui est bien plus tard que l’époque de l’introduction de la viande crue dans le menu humain.

Wednesday, March 2, 2016

L’informatique quantique : vers un superordinateur... ?

Science
Column|Jérémie Gaudet

L’ordinateur moderne a atteint ses limites ; les problèmes qui lui sont soumis deviennent progressivement trop complexes pour ce qu’il peut gérer. La solution se trouverait-elle à travers l’avènement d’une nouvelle ère informatique, celle du calculateur quantique ?

Aussi peu connue soit-elle présentement, la technologie du calculateur (ou ordinateur) quantique a pourtant vu son potentiel augmenter considérablement ces dernières années. Déjà, elle permet d’effectuer des calculs servant à régler des problèmes d’ordres variés, de la recherche de médicaments contre certaines maladies à l’évaluation de risques financiers.

Les ordinateurs quantiques sont donc simplement bâtis à des fins de performance. En informatique, il y a de ces problèmes qui demandent une exécution faramineuse aux ordinateurs classiques, mais qui peuvent être résolus beaucoup plus efficacement avec la technologie quantique.

Et, comme son nom l’indique, le calculateur quantique est basé sur les principes de la physique quantique et se distingue de l’ordinateur que l’on connait de par ses composants fondamentaux.

L’ordinateur standard repose sur le bit, une unité d’information bien connue en informatique conventionnelle. L’ordinateur quantique, lui, se fonde sur un constituant bien différent, le qubit, aussi appelé bit quantique.

Là où le bit ne peut prendre une valeur que de 0 ou de 1, le qubit, lui, peut se situer dans un état superposant les valeurs de 0 et de 1 en même temps. Cela peut paraitre bien étrange, mais il s’agit d’un principe important en mécanique quantique, permettant à un corps d’exister dans deux états différents.

C’est cette dualité d’états qui permet aux ordinateurs quantiques d’effectuer des tâches bien plus coriaces que celles pouvant être résolues par les ordinateurs classiques.

Toutefois, certains obstacles s’imposent : pour que cette superposition dans le qubit ait lieu (et donc pour que tout le système de calcul de l’ordinateur quantique fonctionne), la température environnante doit friser le zéro absolu, soit -273°C ou 0 degré Kelvin, la température la plus froide physiquement possible dans l’Univers.  

À titre indicatif, la température de l’espace se situe aux alentours de 4 degrés Kelvin, ce qui est bien plus chaud que la température requise pour faire fonctionner des ordinateurs quantiques.  

Autre bémol : les qubits ne sont fonctionnels que dans un environnement vide d’air, de magnétisme et de champ électrique. 

Ainsi, il va sans dire que l’exploitation de calculateurs quantiques ne peut se faire que dans des conditions très hostiles, et c’est pourquoi on a longtemps cru que ces derniers ne verraient jamais le jour.

Pourtant, en 2010, l’entreprise D-Wave Systems a réussi à commercialiser le tout premier ordinateur quantique, après nombre d’années de travail.

Le prototype construit par D-Wave fonctionne dans le vide à une température de 0,01 degrés Kelvin et a la taille d’une petite tasse à café. Il permet surtout de faire des progrès dans les domaines de l’intelligence artificielle et de l’apprentissage automatique et il aide à résoudre des problèmes d’optimisation, soit trouver la meilleure option dans une série complexe de plusieurs alternatives.

C’est d’ailleurs cette technologie que le géant d’Internet Google et la NASA appliquent dans diverses applications et pour mieux gérer leur logistique.

Mais avant que l’ordinateur quantique devienne le superordinateur miracle et que nous ayons tous des ordinateurs plus froids que nos hivers, il faudra encore attendre… quelques années sans doute.

Saturday, February 13, 2016

Ondes gravitationnelles: une autre victoire d'Einstein

Science
Column|Jérémie Gaudet

Après plusieurs mois de rumeurs et d'attentes, des scientifiques ont enfin confirmé l'observation d'ondes gravitationnelles prédites par nul autre qu'Albert Einstein.

En 1916, lors de la publication de sa théorie de la relativité générale, Einstein énonçait l'existence de ces ondulations caractéristiques de l'espace-temps, nommées ondes gravitationnelles. Il aura visiblement fallu attendre une centaine d'années pour que ses dires soient confirmés.

C'est une équipe d'astrophysiciens provenant des institutions américaines du California Institute of Technology (Caltech), du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et du Laser Interferometer Gravitational-wave Observatory (LIGO) qui a assuré avoir réalisé l'observation de ces ondes le 14 septembre dernier.

Ces ondes auraient été émises par la fusion extraordinaire de deux mystérieux corps célestes que sont les trous noirs, respectivement 29 et 36 fois plus massifs que notre Soleil. Ces deux astres, situés à plus de 1,3 milliard d'années-lumière de la Voie lactée, ont émis une onde gravitationnelle lors de la dernière fraction de seconde de l'étape finale de leur collision.

Pour les scientifiques, il s'agit du même coup de la toute première observation de la « danse finale » qui survient lors de la fin de la fusion des trous noirs, ces corps qui résultent de l'effondrement gravitationnel de gigantesques étoiles.

Les physiciens et ingénieurs américains, afin de bien observer l’événement, ont dû employer leurs deux interféromètres placés au LIGO et dont la construction a demandé plusieurs années de travail et de perfectionnement.

Cette percée s’annonce d’une grande importance dans le domaine, puisqu’elle permettra l’ajout d’une branche à l’astronomie, soit l’astronomie gravitationnelle, qui étudiera les objets célestes grâce à l’analyse de ces ondes gravitationnelles.

De plus, cette découverte permettra aux scientifiques d’explorer le ciel différemment et de se pencher sur d’autres phénomènes semblables, telles les interactions entre divers trous noirs et étoiles.

Le principe des ondes gravitationnelles

Selon la théorie de la relativité générale, l’espace-temps, soit le milieu comportant quatre dimensions, dont une de temps, est courbé selon la distribution de la masse et de l’énergie. Ce serait, par exemple, le cas de tout astre, tels le Soleil et la Terre, qui modifient l’espace-temps les avoisinant.

Toutefois, si ces corps se mettent à bouger, ils produisent une courbure qui se propagera dans leurs alentours sous forme d’ondulation. L’effet est toutefois bien plus remarquable lorsque les masses en question sont très condensées, tels les trous noirs, puisque les oscillations se propagent à la vitesse de la lumière en perturbant l’espace-temps ambiant.

Ce sont ces ondulations que l’on nomme les ondes gravitationnelles.

Il est possible de comparer ce phénomène à celui produit lorsqu’un objet entre en contact au niveau d’une eau. Ce dernier crée une série de vagues qui se propagent circulairement à la surface de l’eau, tout comme les ondes gravitationnelles qui se répandent dans l’espace.

Par contre, ces ondes sont presque imperceptibles à notre échelle terrestre, étant données leur taille infime et leur vitesse fulgurante. À titre indicatif, une telle onde provenant de l’interaction gravitationnelle entre la Terre et la Lune aurait une taille semblable à celle d’un atome.

Il va ainsi sans dire que les appareils ayant été nécessaires à l’observation de ces ondes ont dû être fort précis et sophistiqués.

Le multimilliardaire qui voulait sauver l’humanité

Science
Column|Magalie Masson


Suite à la lecture de l’article Fleur cultivée dans l’espace, une première!, publié la semaine dernière et soigneusement composé par mon collègue Jérémie Gaudet, le succès d’une telle floraison en apesanteur a piqué ma curiosité. Sachant que cette expérimentation survient pile au moment où la société s’interroge sur l’avenir de notre planète, dû aux dommages environnementaux causés par notre consommation,  l’idée de trouver une solution à ce trouble écologique se fait de plus en plus pressante. Ainsi, depuis un moment, les esprits futuristes songent à coloniser la planète rouge. C’est d’ailleurs le cas de Monsieur Elon Musk, un des plus grands entrepreneurs de ce siècle, qui vient tout juste de publier sa biographie intitulée Elon Musk : L’homme qui va changer le monde.

Qui est Elon Musk?

Comparable à Bill Gates et Steve Jobs pour ses idées technologiques futuristes, ses motivations et ambitions, Musk est un inventeur, ingénieur et un important homme d’affaires d’origine sud-africaine et canadienne, naturalisé américain. Il est non seulement le fondateur de l’entreprise SpaceX, oeuvrant dans le domaine de l’astronautique et du vol spatial, mais aussi le cofondateur de PayPal et Tesla Motors ainsi que le président du conseil d’administration de la société SolarCity. Il est aussi à l’origine du projet de recherche industriel désirant développer l’Hyperloop, un double tube surélevé dans lequel se déplacent des capsules, qu’il définit comme étant le cinquième mode de transport après les bateaux, avions, automobiles et trains. Important révolutionnaire dans le monde du transport, de l’énergie et du développement spatial, sa véritable mission est de découvrir une énergie et commencer à transformer les humains en une espèce multiplanétaire avec une civilization autonome sur une autre planète, de sorte à échapper au pire des scénarios, notre extinction. D’ailleurs, deux images géantes de Mars sont affichées dans son bureau, au siège de SpaceX à Hawthorne en Californie. Une des photographies montre la planète comme une sphère rouge, telle qu’elle est aujourd’hui, et la seconde représente Mars couverte d’un tapis végétal entouré d’océans, où l’on constate que la planète est propice à l’implantation d’une civilization. Musk compte bien en arriver là, bien que la quatrième planète de notre système solaire nécessite réchauffement et ajustement géologiques.

Comment ce visionnaire compte-t-il assurer notre survie?

Avec SpaceX

Présentement, un des projets visés par Space Exploration Technologies Corporation est le développement de fusées réutilisables capables d’emporter des charges  dans l’espace puis de revenir avec précision à leur aire de lancement au sol. On désire donc continuer nos envolées dans l’espace, histoire d’aller visiter la voisine d’à côté, tout en les pratiquant avec le moins de dommages environnementaux possible.

Avec Tesla Motors

Avec cette seconde compagnie, Musk tente de créer un réseau mondial de distribution d’énergie en revoyant la manière de construire et de vendre des automobiles. L’entreprise vend ses voitures non pas dans des concessionnaires mais sur le Web et dans des galeries au sein de centres commerciaux haut de gamme. De surcroit, Tesla ne prévoit pas de coûts associés à l’entretien des automobiles puisque celles-ci n’ont pas besoin des vidanges et autres révisions traditionnelles. De plus en plus, des stations de recharge sont installées sur de grandes autoroutes, surtout aux États-Unis, en Europe et en Asie. Bien que le plein puisse durer une vingtaine de minutes, ces stations sont alimentées par de l’énergie renouvelable, soit l’énergie solaire.

Avec SolarCity

À l’aide de cette troisième entreprise, l’entrepreneur a créé le plus important installateur et financeur de panneaux solaires pour les entreprises et le grand public. Il souhaite toutefois voir s’agrandir la compagnie et ainsi rendre le produit plus commun et abordable.

À nous maintenant d’observer les effets de ces nouvelles pratiques sur notre environnement, et de faire notre part également. En tant que société, sommes-nous prêts à réparer nos dommages? À revoir nos habitudes de vie, nos valeurs? Est-ce plus facile de se tourner vers la colonisation interplanétaire?          

Tuesday, February 2, 2016

Fleur cultivée dans l'espace, une première!

Science
Column|Jérémie Gaudet


« La première fleur cultivée dans l’espace fait ses débuts ! » écrivait l’astronaute Scott Kelly via Twitter le 17 janvier dernier. 
Source de l’image : Twitter, @StationCDRKelly.


Son image s’est propagée massivement sur les réseaux depuis quelques semaines ; il s’agit de la toute première fleur à avoir poussé dans l’espace, et ce, à bord de la Station spatiale internationale (SSI).
C’est le 17 janvier dernier que l’astronaute Scott Kelly a fait l’annonce sur son compte Twitter en direct de la SSI. L’éclosion de ce végétal, un zinnia comestible orangé, est une première pour la communauté aérospatiale.
En effet, des essais précédents de culture de fleurs s’étaient avérés infructueux : les plantes poussent difficilement dans la SSI, en raison du taux d’humidité élevé et de la pesanteur inférieure à la force gravitationnelle terrestre.
En décembre dernier, ces plants de zinnias, placés dans l’avant-poste orbital de la SSI afin d’y effectuer des expériences, paraissent d’ailleurs affaiblis : plusieurs présentaient des tâches de moisissure sur leurs feuilles. Quoi qu’il en soit, les bons soins de Scott Kelly ont cette fois-ci permis à un plant de fleurir.
Le zinnia est une plante ornementale qui pousse aisément sur Terre et que l’on retrouve principalement dans la région du Mexique. Fleurs de jardin répandues, les zinnias présentent des pétales aux couleurs variées, soient le blanc, le jaune ou l’orangé, en passant par le violet. 
Le succès de cette floraison en apesanteur, ainsi que les échecs de tentatives de culture antérieures, devraient aider les astronautes à façonner une méthode durable pour faire pousser ce type de végétal dans l’espace.
Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme Vegetable Production System (VEGGIE), ou système de production de végétaux en français. Ce dernier, développé par la NASA en collaboration avec l’entreprise ORBITEC, a pour but de permettre aux spationautes de la SSI de cultiver leurs propres fruits et légumes dans une serre de taille réduite.
Ce programme vise aussi à préparer les futures missions de colonisation sur Mars, dont la réussite dépendra en partie de la capacité à faire pousser diverses plantes en dehors de l’atmosphère terrestre.
Les zinnias ne sont toutefois pas les premiers végétaux à être cultivés dans la SSI. Le système de culture de plants, installé dans la Station depuis presque deux ans, a déjà permis aux astronautes de récolter des pousses de laitue, dont les premières feuilles ont été consommées l’an dernier. En outre, les tomates seraient les prochaines en liste pour être produites à bord.  
Il est également important de mentionner que les plants produits dans l’espace poussent sans terre et seulement dans une solution d’eau, de minéraux et de nutriments, un processus nommé culture hydroponique ou agriculture sans terre.
Cette méthode particulière accélèrerait le rythme de croissance des végétaux en plus d’être économe en eau et en engrais, raisons pour lesquelles la NASA l’aurait choisie.
Rappelons que l’astronaute Scott Kelly effectue, avec son collègue cosmonaute russe, Mikhail Kornienko, un séjour d’un an à bord de la SSI. Cette expérience relativement longue vise à étudier les divers effets de séjours prolongés en apesanteur sur l’être humain.

Scott Kelly devrait demeurer à bord de la SSI jusqu’au 3 mars prochain. 

Friday, January 15, 2016

Une sonde chinoise sur la face cachée de la Lune

Science
Column|Jérémie Gaudet

L’agence officielle Chine nouvelle a, vendredi dernier, annoncé que serait bientôt lancée une mission dirigée par le programme spatial chinois dans le but de parcourir l’hémisphère caché de la Lune.

En effet, le côté de la Lune qui demeure invisible pour les hommes sur la Terre devrait être examiné et parcouru par une sonde dont le lancement est prévenu par les Chinois en 2018. Il est à noter que cette partie de la Lune n’a auparavant jamais été explorée.

Cette sonde, qui a d’ailleurs été nommée Chang’e-4 – un nom qui correspond à celui de la déesse de la Lune dans la mythologie chinoise – devrait être composée d’un alunisseur et d’un véhicule spécialement équipé pour l’arpentage de la surface lunaire. Elle devrait également, selon le chef de la mission d'exploration lunaire chinoise, Liu Jizhong, patrouiller l’environnement de la partie cachée de la Lune et recueillir diverses informations sur celui-ci.

Une exploration sur le côté obscur de la lune serait intéressante puisqu’elle permettrait, selon Clive Neal, le président du Groupe d'analyse sur l'exploration lunaire (appartenant à la NASA), d’observer la croûte lunaire plus épaisse et le plus grand cratère d’impact du système solaire, deux aspects spéciaux situés tous deux sur la face lunaire cachée.

Cette annonce s’inscrit dans le programme d’exploration spatial de la Chine qui permettrait, selon le gouvernement chinois, l’avancement de la conquête de l’espace. Cette dernière, qui coûte annuellement à l’État chinois plusieurs milliards de dollars, est perçue dans ce pays comme étant un symbole de puissance faisant partie du thème du Parti communiste et du président Xi Jinping.

Mentionnons aussi que la Chine a déjà réussi à faire alunir un véhicule téléguidé en 2013 et à retourner une sonde spatiale sur la Terre provenant de la Lune l’année suivante.

Mais pourquoi ne voyons-nous pas cette face cachée de la Lune ?

Le seul satellite naturel de notre planète ne nous montre jamais sa seconde moitié et il a fallu attendre l’an 1959 pour que cette dernière soit photographiée pour la première fois et l’an 1968 pour que des hommes l’aperçoivent directement, soit lors de la mission d’Apollo 8 en orbite autour de la Lune.

Mais comment se fait-il que cette face demeure constamment cachée pour nous, observateurs terrestres ?

Eh bien, cet effet est dû au fait que l’astre nocturne qu’est la Lune possède une propriété particulière. En effet, la Lune prend autant de temps (environ 27,3 jours) pour effectuer un tour complet sur elle-même – soit pour compléter une rotation – que pour tourner autour de la Terre – soit pour compléter une révolution. Ce phénomène spécial est nommé rotation synchrone en astronomie.

Ainsi, à mesure que la Lune se déplace dans le ciel, elle pivote sur elle-même dans la direction opposée et à la même vitesse, ce qui a pour effet de toujours garder visible le même côté pour un observateur situé sur la Terre.

Toutefois, ce n’est pas parce qu’elle est cachée que cette face de la Lune n’est pas éclairée. À vrai dire, lorsque la face visible de la Lune n’est pas observable dans le ciel parce qu’elle est dans l’ombre lors d’une nouvelle Lune, par exemple, c’est parce que c’est sa face cachée qui est alors illuminée !

Wednesday, January 6, 2016

Guy Turcotte, la foule et le droit

Society
Column|Laurent Crépeau

Le procès de Guy Turcotte n’a cessé d’inspirer une clameur virulente depuis cinq ans de part et d’autre de la société. Évidemment, on ne peut nier le rôle des médias de masse dans cette affaire. Après mille et une itérations dans la presse et sur les écrans, les faits étaient bien connus. La foule avait promptement identifié le coupable et ses victimes. L’échiquier manichéen était en place et la foule se parait à châtier. Aujourd’hui, cette machination semble tirer à sa fin.

Ce que cinq ans de procédures judiciaires nous ont clairement exposé, c’est cette propension de la foule à châtier; à prescrire une expiation atroce, inflexible et perpétuelle à ceux qu’elle identifie au mal archétype. Des détracteurs parmi la foule dénoncent l’insuffisance et la vulgarité du système de justice. On insinue que les institutions actuelles, par leur conduite de la cause et leurs disparités de l’opinion populaire, révèlent leur inaptitude et leur illégitimité. Or, alors que la foule demande rétribution, le droit impose l’impartialité aux magistrats devant la clameur.

Indéniablement, le public est resté omniprésent durant cette affaire. Cela n’a rien d’impressionnant lorsque l’on considère l’acte commis et le degré auquel il a été propagé à travers les médias. Les différents chapitres du procès ne pouvaient qu’éveiller les passions. Ils ont inspiré des révulsions et des abhorrassions de toutes parts. « 10 ans, c’est bien trop peu! », nous dit-on aujourd’hui. « Cet homme monstrueux doit payer pour ses crimes! ». Dans un papier publié récemment au Journal de Montréal, Isabelle Maréchal nous affirme que la ligne directrice de la sentence qui sera rendue à la mi-janvier devrait être « zéro tolérance ». Des actes si ignominieux ne peuvent qu’être sanctionnés afin de redonner au système de justice ses lettres de noblesse. Après tout, celui-ci n’a su qu’ébranler la confiance du public depuis le début de cette affaire.

Dans ce discours délétère réside le danger de la foule. Plutôt que des arguments, on y trouve de la rage et plutôt que de la réflexion, on y trouve de l’exaltation zélée. Ces épanchements violents constituent, tout d’abord, un abîme pour le droit, lequel ne peut se fonder sur des subjectivités éclectiques. De la même manière, ils se voient devenir une perdition à autrui et à l’ordre social par l’ablation de la rationalité.

Ainsi, la foule est imprégnée d’une ire inapaisable sauf par le plus cruel châtiment. Bien sûr, il ne faut point nier l’immondice de cette affaire, or il est utile de voir en l’observation de ce tumulte populaire, une justification de tout l’édifice du droit, lequel s’ébauche sur sa qualité d’ordre supra-populaire.

Les sociétés libérales contemporaines sont fédérées par le principe de suprématie du droit. Par cela, on entend que le droit n’est sujet à aucun jugement arbitraire. Son autorité supplante les décisions des citoyens comme des politiques, faisant ainsi que chaque individu est parfaitement égal à un autre face au droit. Qui ne se conforme pas à la loi est jugé et sanctionné par la loi. La seule manière de changer les lois est à travers l’exercice du gouvernement civil né et soutenu par la légitimité du consentement populaire.

Si l’on reprend l’hypothèse de l’état de nature – de l’état dépourvu d’un droit uniforme et institutionnalisé – soulevée par les philosophes politiques modernes, on en vient rapidement à la conclusion qu’en l’absence d’un conglomérat du droit, chaque individu se retrouve avec sa propre définition de la justice, ce qui, de fait, rend nulle la possibilité d’une justice véritable.

Ainsi, le droit se veut un ordre rationnel et une égide pour les sociétés modernes dont l’existence dépend de leur stabilité. Il est donc nécessaire que le droit se situe au-dessus des populations sans quoi il laisse place à l’irrationalité.

Guy Turcotte est déjà condamné à la prison à perpétuité avec un minimum de 10 ans sans possibilité de libération conditionnelle. Contrairement à cette pensée fallacieuse qui équivaut une libération conditionnelle à la réduction d’une peine, voire même son absolution, ce procédé est tout autre. Non seulement, l’accès à cette procédure de réinsertion ne garantit pas une sortie de prison immédiate conditionnée à un gage de bon comportement, elle ne signifie pas non plus qu’un détenu redevient citoyen libre. Désormais, Guy Turcotte ne vivra plus jamais normalement. Après avoir purgé une part de sa peine en prison – qu’elle soit de dix ou de vingt-cinq ans – il réintègrera la société pour en purger le reste et entre temps restera sous l’hégémonie inexorable du système de justice. Il n’aura plus jamais la liberté dont bénéficie un citoyen libre. Sitôt sorti du pénitencier, il demeurera dans la prison des lois. La seule absolution à laquelle il aura droit sera à sa mort.

Une méconnaissance du droit mène à une interprétation fautive des actions commises par le système de justice. La Loi sur le service correctionnel et la mise en liberté sous condition indique que « la mise en liberté sous condition vise à contribuer au maintien d’une société juste, paisible et sûre en favorisant, par la prise de décisions appropriées quant au moment et aux conditions de leur mise en liberté, la réadaptation sociale des délinquants en tant que citoyens respectueux des lois » et que « dans tous les cas, la protection de la société est le critère prépondérant » pris en compte lors de l’examen d’une demande de libération conditionnelle.

Le but du droit n’est jamais d’être un bourreau. Plutôt, ses racines philosophiques nous indiquent que son objectif est de protéger le citoyen; ses droits et ses biens. Ce facteur sera donc hautement considéré parmi d’autres dans la sentence qui sera rendue le 15 janvier. Ultimement, que la période avant d’être admissible à une libération conditionnelle soit dix ou vingt-cinq ans n’est pas l’enjeu primordial. Ce qui est capital est que les différents organes du système judiciaire agissent conformément à la loi et que Guy Turcotte soit traité comme n’importe quel individu reconnu coupable de meurtre au second degré.
***Le 6 janvier 2016, Guy Turcotte a demandé que son jugement soit revu en cour d'appel afin de déterminer si des directives du juge André Vincent auraient influencé le jury dans ses décisions. Ultimement, cela pourrait mener à un troisième procès pour l'ex-cardiologue.

Monday, January 4, 2016

2016 -- La barre scientifique est haute!

Science
Column|Jérémie Gaudet

Alors que 2015 a été particulièrement prolifique en ce qui a trait aux découvertes scientifiques, les attentes envers 2016 n’en sont pas moindres. Coup d’œil sur ce que plusieurs souhaitent voir émerger de la science en cette nouvelle année.

Des gènes à la rescousse

Bien qu’il y ait présentement une controverse quant à la sécurité et à l’éthique qui se cachent derrière la modification de gènes humains, nombre de scientifiques travaillent afin de découvrir de nouvelles méthodes pour altérer le génome de ceux et celles qui souffrent de maladies génétiques.

Ces altérations aux gènes responsables de certaines pathologies devraient se multiplier durant la prochaine année et s’assurer d’affecter seulement les patients en cause et non leurs descendants. 

Des tests précliniques de sécurité devraient ainsi avoir lieu cette année dans ce domaine, notamment avec un traitement de modification des gènes responsables de la drépanocytose, une maladie héréditaire qui affecte l’hémoglobine, la protéine permettant le transport de l’oxygène dans le sang. 

Les yeux rivés sur Mars

Après d’importantes découvertes faites sur Mars en 2015, l’orbite de la planète rouge amènera cette dernière assez proche de la Terre cette année. 2016 marquera donc un moment propice pour les explorations à la surface de Mars.

En effet, l’Agence spatiale européenne (ESA) joindra ses forces à celles de l’Agence spatiale fédérale russe (FKA) pour diriger le projet ExoMars 2016 qui sera lancé en mars prochain. Ce dernier aura pour but d’introduire un satellite dans l’orbite martienne et d’envoyer un vaisseau spatial à la surface de la planète afin de mesurer les niveaux de méthane – s’il y en a – sur celle-ci.  

Cette présence de méthane augmenterait les probabilités de retrouver des traces de vie sur notre planète voisine parce que ce gaz, en plus d’être une source de nourriture pour certains organismes, est en grande partie produit par les êtres vivants.

Une solution aux allergies alimentaires ?

Depuis plusieurs années, de nombreux essais cliniques ont été faits en vue de traiter les allergies alimentaires. La solution la plus encourageante pour l’instant est celle de l’immunothérapie. Cette pratique vise à injecter des substances qui vont stimuler l’organisme et l’aider à vaincre certaines maladies ou déficiences.

Aux États-Unis, où plus de 15 millions de personnes souffrent d’allergies alimentaires et où nombre d’études à ce sujet sont réalisées, l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) se réunira sous peu afin de délimiter et d’approuver certains traitements d’immunothérapie contre les allergies alimentaires.

Espérons que 2016 soit l’année des traitements efficaces pour ceux et celles qui souffrent d’allergies alimentaires.

L’archéologie prometteuse

C’est en 2015 que des archéologues ont tenté d’élucider les mystères de certaines constructions de pierre situées au Moyen-Orient. Découvertes durant la Première Guerre Mondiale par des pilotes d’avions militaires, ces structures particulières, nommées géoglyphes, forment des motifs ou des dessins géométriques impressionnants lorsqu’ils sont vus de haut.

En Arabie Saoudite, par exemple, nombre de géoglyphes ont été découverts sur des volcans, mais leur provenance et leur utilisation demeurent inconnues.

Bien que l’archéologie étudie les artéfacts et les civilisations du passé, il est possible de se tourner vers le futur et d’espérer que, en 2016, les archéologues seront capables d’en apprendre davantage sur ces énigmatiques constructions. Des scientifiques travaillent d’ailleurs présentement sur un rapport quant à ces géoglyphes.

De meilleurs drones

Qui, en 2015, n’a pas entendu parler des drones, ces petits engins à hélices, souvent munis de caméras, pilotés à distance ? Alors que bon nombre de citoyens s’en sont procurés dans les dernières années, les gouvernements ont été forcés de légiférer quant à leur utilisation qui s’est parfois avérée gênante par le passé.

En 2016, plusieurs souhaitent voir apparaitre sur le marché en plein essor de nouveaux appareils plus intelligents et sécuritaires. Leur technologie évolue ainsi de manière à contrer les erreurs de pilotage que font certains conducteurs de drones novices.

Par ailleurs, des fabricants devraient tenter d’ajouter des fonctionnalités ou des capacités novatrices à leurs machines. C’est notamment le cas de la compagnie Lily, qui lancera un nouvel appareil hydrofuge aussi capable de suivre son propriétaire automatiquement dans les activités de ce dernier comme le ski, le kayak ou encore le surf.

À toutes et à tous, je vous souhaite une heureuse année 2016 qui, souhaitons-le, soit riche en innovations et en découvertes scientifiques.